Contraintes fécondes

Pour un photographe, les périodes de doutes, de manque d’inspiration, sont – malheureusement – familières. Dès lors, que faire quand les idées ne viennent pas, quand il n’y a ni voyage ni temps fort en vue ?

Attendre, et dans l’intervalle s’abstenir de tout contact avec un appareil ? Plutôt radical. Insister, sortir et tenter sa chance malgré tout ? Pourquoi pas, avec néanmoins le risque de revenir avec une frustration encore plus grande si la pêche n’est pas fructueuse.

Une autre piste peut être explorée : se compliquer la vie 🙂

Telles les contraintes oulipiennes dans le domaine de la littérature, de la limitation peut découler la créativité, et la photographie n’y échappe pas.

En voici quelques déclinaisons :

la plus connue : ne se limiter qu’à une seule focale

On zoome avec les pieds, on perd quelques habitudes de facilité, voire on redécouvre des plages de focales moins fréquentées.

se borner à un espace restreint

Explorer les moindres recoins d’une zone définie (si possible pas trop étendue). Ici, l’exercice encourage à dénicher de l’intérêt là où on ne l’attend pas.

se limiter à 36 prises (au hasard…)

L’économie de cliché, la réflexion avant le clic. J’aime particulièrement celui ci, dans le sens où la facilité du numérique nous invite à faire le tri après, alors qu’il est bien plus fructueux de le faire à la source. On peut pousser l’analogie argentique jusqu’à désactiver l’écran de son appareil pour ne pas regarder l’image juste après le déclenchement.

Les possibilités sont nombreuses (les plus fous peuvent cumuler les contraintes), et en pratique, c’est même assez ludique, les résultats peuvent être surprenants !

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